C’est difficile de décrire ce que je ressens pour mon père sans passer pour un monstre”. C’est en 1993 que homme a été emprisonné à vie sans possibilité de libération conditionnelle pour le meurtre de ses trois enfants devant un tribunal de l’État du New Jersey, puis à nouveau en 1994 devant un tribunal fédéral pour avoir été complice après coup de leurs meurtres en leur donnant du Kool-Aid contenant du cyanure à son domicile de Bernardsville, dans le New Jersey, le 20 mars 1992 – quelques semaines seulement avant le début de son procès pour les meurtres – pour lequel il sera gracié en 2015 par le gouverneur Chris Christie qui a qualifié l’affaire d’erreur judiciaire et de “parodie”.
L’ancien président des États-Unis Bill Clinton a commué la peine de cet homme de la perpétuité à 30 ans pour coïncider avec sa présidence en janvier 2001 – malgré les objections du procureur général Janet Reno et du FBI qui estimaient qu’il devait être condamné à la perpétuité, selon l’émission 60 Minutes de CBS News du 19 octobre 2000 – mais cette décision a été annulée par la Cour suprême des États-Unis en 2004, qui lui a donné raison.

Parents aimants et milieux sociaux en difficulté

Lorsque vous vous trouvez dans cette situation, il y a de nombreuses façons d’y faire face, et elles consistent toutes à concilier ce qui s’est passé avec votre propre sens de l’identité et la façon dont vous vous définissez”, a déclaré le Dr Kelly-Hodges, qui travaille au Centre d’études sur le stress traumatique et à l’unité de psychologie du traumatisme de l’hôpital Addenbrooke de l’université de Cambridge, où elle est spécialisée dans le traitement des enfants qui ont été victimes de maltraitance ou de négligence de la part de leurs parents et beaux-parents, ainsi que de leurs enfants et petits-enfants adultes touchés par la maltraitance et la négligence parentales et les traumatismes liés à la séparation.

Aujourd’hui, elle s’occupe également des victimes de violences domestiques et d’agressions sexuelles, ainsi que des personnes souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique à la suite d’événements traumatisants tels que le viol, les abus sexuels dans l’enfance, la guerre, le terrorisme et les catastrophes naturelles, et qui recherchent un soutien par le biais de conseils, de psychothérapies et d’autres approches thérapeutiques, de stratégies d’auto-assistance (y compris la méditation, l’hypnose et le yoga), de travail en groupe, de coaching de vie et de thérapie familiale.

Souvenir du père

Et pour tant d’autres enfants, le seul souvenir de leur père est parfois une photo ou une signature sur ‘lacte de naissance. Le manque du père est affreux pour tous ces enfants. Le lien familial est indispensable pour se construire. Garder en soi ce sentiment d’appartenance, de protection est un luxe énorme face aux horreurs connues par tant d’enfants. Mais nous avons aussi des pères qui sont connectés à leurs enfants toute leur vie et qui emmènent avec eux partout où ils vont un souvenir, un lien de leurs enfants.

J’aurais toujours le souvenir de cette photo jaunie dans le portefeuille de mon père.